Quel avenir du budget national 2014-2015, pendant que la République Dominicaine de son coté bouge?

Le Président de la Commission Économie et Finances du Senat, le Sénateur Jocelerme Privert, a affirmé cette semaine que le projet de loi de finances de l’exercice fiscal 2014-2015 voté par la Chambre des députés le 9 août dernier et qui  est actuellement à l’étude au niveau de sa Commission, ne sera pas voté dans les mêmes termes. Cette situation est la conséquence des désaffectations et des réaffectations de plus de 3 milliards de Gourdes, qui selon lui ne sont pas cohérents et qui vont à l’encontre des objectifs macroéconomiques poursuivis dans le budget ce qui nécessite de reconsidérer ces changements.

Le sénateur a émis des doutes quand au respect de l’échéance constitutionnelle du 1er octobre 2014 pour que la loi de finances puisse être votée et prête à être exécutée. Il a rappelé que le texte a été remis aux Sénateurs seulement le 18 août. Compte tenu du délai d’examen prévu (20 jours continus) il a souligné que l’échéance de ce délai, coïncidera le 8 septembre prochain avec la fin de la session parlementaire et le départ en vacances des députés. À moins d’une convocation à l’extraordinaire par le Président Martelly, obligeant les députés à revenir travailler et compte tenu de la navette entre les deux Chambres, le respect de l’échéance du 1er octobre, lui semble très improbable.

Bref ! Une fois de plus, une nouvelle année fiscale qui pourrait débuter sans un budget. On pourrait dire facilement que ce n’est pas si grave car on est tellement habitué avec cette pratique. Mais en réalité, c’est extrêmement grave pour un pays qui recherche la croissance et la stabilité économique. Donc, on n’a pas le droit de s’habituer avec ce qui est anormal.

Si le budget est un acte de prévision et d’autorisation annuelles des recettes et de dépense des deniers publics, pratiquement l’Etat ne devrait pas pouvoir continuer à dépenser voire collecter des taxes légalement sans un budget voté correctement.

Mais, honnêtement, quand nous regardons la réalité ici, nous avons l’impression, budget voté ou pas, voté à l’heure ou en retard, voté dans tel sens ou dans tel autre sens, les résultats ne sont pas si différents. Car dans la pratique, très souvent le budget n’est pas toujours suivi de manière effective dans la façon dont les dépenses doivent être effectuées, mais de préférence sous l’influence des circonstances, les forces politiques, les caprices des chefs, les pressions populaires. Bref !

Voyons ce qui passe maintenant de l’autre cote de la frontière. En effet la République voisine se prépare à recevoir un grand forum de l’investissement qui se tiendra les 4 et 5 septembre prochains et ayant pour but de renforcer la position de la République dominicaine comme le principal bénéficiaire des investissements directs étrangers dans la région des Caraïbes.

A rappeler que la République dominicaine a elle seule a capté plus de 5 milliards de dollars d’investissements étrangers (IDE) au cours des deux dernières années, selon le directeur du Centre d’Exportation et d’investissement (CEI-RD). Un montant qui représente presque la moitie des IDE reçues par la région caribéenne.

Dr Jean Alain Rodriguez qui est directeur du Centre d’Exportation et d’investissement a déclaré que «c’est un événement de campagne unique et sans précédent dans la Caraïbe et en Amérique latine visant à faire des IDE le véritable vecteur de croissance en République dominicaine. Il faut dire que près de 500 investisseurs potentiels de 30 pays sont attendus pour identifier les opportunités d’installation et / ou l’expansion de leur entreprise « .

Dr. Rodriguez a rappelé que, selon le «Rapport sur ​​la compétitivité mondiale 2013-2014″, la République dominicaine est classée 11ème sur 148 pays évalués en termes d’attraction d’investissements directs étrangers et de transfert de technologie.

Nous n’avons pas l’intention de faire une comparaison avec la RD, mais c’est quand même utile de savoir qu’est ce que les autres pays sont en train de faire, pour que nous puissions nous inspirer de leurs réalisations au lieu de perdre tout notre temps à faire de la politique improductive et sans avenir. Il est temps que tous les acteurs prennent leurs responsabilités pour éviter le pire dans les mois à venir.

Etzer Emile, M.B.A

Economiste

Radio Vision 2000

etzeremile@gmail.com

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