Récente performance dans le marché du travail en République Dominicaine: Haïti loin de la normalisation dans ce sens

Le Ministère du travail de la République Dominicaine a publié hier Lundi 28 Avril 2014 un dernier rapport sur l’évolution du marché de l’emploi dans l’économie dominicaine. En effet selon ce rapport, un total de 23,721 nouveaux emplois ont été créés au cours du premier trimestre de cette année à l’échelle nationale, ce qui a eu en quelque sorte un impact positif sur la revitalisation des différents secteurs de l’économie et également en termes d’amélioration de la qualité de vie de centaines de familles. Des développements récents au niveau du marché de l’emploi dominicain que nous sommes encore très loin d’atteindre en Haïti en raison de toutes ces controverses depuis quelques mois qui sont beaucoup plus politiques qu’économiques.

Les données du dernier rapport du ministère du Travail de la République Dominicaine sont publiées sur la base des informations fournies par le système de registres du travail, un organe subsidiaire du ministère et du Trésor de la sécurité sociale (TSS) qui doit enregistrer les mouvements effectués par les entreprises sur la sécurité sociale. Un organe que nous n’avons pas malheureusement en Haïti, ce qui aurait évité toutes ces spéculations précédentes et des chiffres contestés en matière de nombre d’emplois qui ont été créés dans l’économie haïtienne.

Le rapport a constaté que les entreprises en République Dominicaine ont enregistré entre janvier et mars 2014, 1 112 245 travailleurs au niveau secteur formel à travers le pays, dont 23 721 étaient nouveaux, concentrés sur les principales activités productives de l’économie.

Ce rapport soutient que les secteurs manufacturiers, de services, du commerce, hôtels, bars et restaurants ont attiré le plus grand nombre de nouveaux emplois. Une évolution au niveau du marché du travail qui d’abord a des retombées positives sur le niveau de bien-être des citoyens dominicain, également, cela conduit à une augmentation en termes de création de richesses. En somme, ces développements contribuent à renforcer l’économie dominicaine.

La ministre du travail dominicain, Dr. Maritza Hernandez, a souligné l’importance de cette réalisation par les efforts et les actions du président Danilo Medina à satisfaire l’objectif du gouvernement qui est la création de 400 000 mille nouveaux emplois à l’échelle nationale.  400 000 emplois, un chiffre qui a fait actualité également en Haïti. Mais à la seule différence, la République Dominicaine vise 400 000 emplois effectifs comme objectifs sur le long terme et s’attèle durement afin d’y arriver, mais ici 400 000 n’était qu’un chiffre fictif qui ne correspondait pas a la réalité du marché du travail.

Il faut dire que ce résultat positif selon les mots de la ministre du travail de la République Dominicaine a été possible grâce à la bonne coordination au niveau du ministère du Travail et son interaction avec d’autres organismes publics tels que les ministères du Commerce et ce l’Industrie, de l’Economie, du Plan et du développement, les organisations professionnelles et les autorités du système dominicain de sécurité sociale.

Selon ce rapport sur le marché du travail en République Dominicaine, le secteur d’exploitation des mines a pu générer le plus grand nombre de nouveaux emplois avec 30,38%, suivi par le secteur des services qui représente 25,68 %, le commerce avec 21,27% tandis que les bars et les restaurants ont recueilli 11,99% de ce chiffre total d’environ 24 000 emplois créés au premier trimestre de cette année.

L’ouverture de nouveaux lieux de travail est l’une des composantes essentielles du Plan national pour l’emploi conçu par le président, Danilo Medina, qui a pour objectif fondamental d’accroître l’employabilité des chômeurs et assurer des salaires décents qui augmentent la qualité de vie pour les familles.

Dr Maritza Hernandez a expliqué que, en tant que personne responsable du marché du travail, le ministère du Travail maintient un lien permanent avec les secteurs productifs dans l’intérêt de répondre aux demandes de main-d’œuvre hautement qualifiée.  » Cette information nous permet de créer des programmes de formation académique et de formation technique axée sur les besoins du marché du travail productif.

En fait, cela devrait être  un minimum de mettre des structures en place pour produire des données concernant le marché  de l’emploi en Haïti. On comprend qu’il était peut être plus difficile a un ministère du travail de créer du travail, mais au moins, cela ne devrait pas être si couteux et si complexe de mettre a la disposition du pays des données sur l’évolution régulière au niveau du marché du travail. Cela pourrait être utile aux décideurs politiques, aux entreprises, aux jeunes universitaires qui font des travaux de recherche et a ceux qui aspirent à fréquenter le marché du travail après leurs études universitaires ou professionnelles.  La tradition ici depuis plusieurs décennies c’est de ne pas fournir ces données cruciales sur l’emploi.  Comme si c’était un sujet tabou !

En tout état de cause, ces données sont critiques pour la prise de décision. Données inexistantes sur l’emploi constituent  une preuve de plus de déficit de gouvernance, alors que la population a droit à l’information.

Le Ministère des Affaires Sociales et du Travail, ici est plus préoccupé à faire de la distribution sporadique de kits alimentaires, mais ne s’efforce pas pour agir sur la variable « emploi » dans ce pays. Nous le disons tantôt, le chômage c’est le principal problème de ce pays. Si des emplois sont créés dans l’économie, les gens auront un revenu, et s’ils ont un revenu, la vie ne serait pas si chère pour eux car ils auront un pouvoir d’achat. Le problème ce n’est pas le fait qu’un sachet de pain en Haïti se vend à 25 gourdes, mais c’est le fait que la population n’a pas ces 25 gourdes pour l’acheter. Dans certains pays développés comme l’Australie, un cup de café se vend a $3US ou plus de 120 gourdes, mais les gens peuvent en procurer, car ils ont des emplois mais ces derniers sont très bien rémunérés.

On doit mettre l’emphase sur des secteurs productifs qui peuvent employer beaucoup de gens, dans une bonne coordination avec d’autres ministères clefs tels finance, ou MCI, tout en établissant un meilleur climat d’investissement local et étranger. On doit donc penser a produire des données sur les emplois en Haïti, de bonnes données réelles bien sure, sinon nous allons se contenter a lire des rapports sur le marché de l’emploi de notre voisin ou des Etats-Unis ou autres pays, et continuer a vivre dans le tâtonnement, dans l’incertitude, la spéculation et dans l’improvisation.

Etzer EMILE, M.B.A

Radio Vision 2000

etzeremile@gmail.com

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *