La tournée estivale 2015 des groupes musicaux en Haïti : Un moment de grand suspense

Source robertnoel22@yahoo.com  | radiotelevisioncaraibes.com

Tout comme la politique, la musique fait partie intégrante de l’existence du peuple haïtien. Elle stimule la vie et joue un rôle d’unificateur d’un peuple divisé  /  désuni.  Il existe un certain lien entre la musique et la politique. Cela est si vrai que les groupes musicaux évaluent la situation politique actuelle qui règne au pays pour savoir si une tournée en Haïti leur garantira de bonnes recettes.

La « scène » HMI au tournant de l’histoire politique

Après les élections législatives qui se sont déroulées en Haïti le dimanche 9 août 2015,  les opinions divergent dans tous les secteurs, et cela même parmi les musiciens. Un fait qui, d’un côté, crée le doute chez certains et, de l’autre, met plus d’un en face d’une réalité. L’opinion publique pèse dans la balance des faits vécus, vus et entendus. De peur ou par prudence, certains groupes musicaux haïtiens ont déjà décidé de ne pas entreprendre leur tournée estivale traditionnelle cette année. Face à cette situation de tension politique, les groupes Carimi, Harmonik, Zenglen, pour ne citer que ceux-là, choisissent de ne pas se rendre en Haïti pour la saison estivale 2015.

Quelques orchestres, qui avaient affiché leur calendrier ayant rapport á leur tournée d’été, ont vite désisté.  Pourtant, d’autres y tiennent encore et veulent tenter leur chance. De quoi demain sera-t-il fait ? Personne ne le sait et ne peut prédire l’avenir. Les promoteurs locaux qui engagent des formations musicales de la diaspora n’arrivent pas, à priori, à garantir la participation d’une grande foule aux soirées dansantes. Certains d’entre eux se montrent encore optimistes, comptant sur la popularité des groupes musicaux qu’ils présentent en double affiche. La grande question demeure: peut-on espérer une participation massive du grand public, sachant que les esprits sont maintenant préoccupés par la politique et l’insécurité au pays?

Face á une telle situation, les promoteurs se trouvent dans l’obligation d’entreprendre un travail de marketing rassurant, consistant à convaincre et inciter les gens à faire le déplacement aux différents clubs.  On ne peut pas être certain du choix du public, considérant le fait que le peuple haïtien rit, chante et danse toujours, malgré les problèmes quotidiens auxquels il fait face. Depi tanbou frape, moun ap leve danse. Auteur de l’article: Robert Noël. On a affaire à un peuple émotionnel dont la réaction est imprévisible. C’est donc la mentalité de ce peuple, qui fait de la musique un exutoire.  Nous avons vécu de telles expériences tout au cours de l’histoire du peuple haïtien. Certains opposants à des activités  /  manifestations culturelles sont souvent les premiers à y participer.

La réalité entre le chiffre et le nombre

Les élections du 9 août 2015 étaient entachées de violence et d’irrégularités dans certaines villes / communes d’Haïti. Un fait que même les décideurs ne désapprouvent pas. Certaines gens se demandent si ces zones resteront aussi chaudes  /  rouges pendant longtemps, jusqu’au point de faire reculer certains groupes musicaux qui entendent honorer des contrats dans ces régions? Aucune prédiction n’est possible deux ou trois jours après les élections législatives 2015. On espère que la vie reprenne son cours normal. L’avenir nous le dira.

Les groupes musicaux qui, traditionnellement, vont en tournée en Haïti en cette période de l’année doivent avoir un plan B. Par exemple, ils peuvent ravitailler en diaspora et garantir de bonnes recettes si leurs groupes sont en demande. Ils doivent y penser, en attendant que le ciel s’éclaircisse en Haïti. Il est trop tôt pour vraiment dire si oui ou non leur tournée en Haïti sera une réussite. On constate que, dans un temps, certains groupes exigeaient que le promoteur leur garantisse la participation d’un certain nombre de gens aux soirées dansantes. C’est comme le cas de l’ouvrier qui fait du travail à la pièce. Cette situation laisse l’impression que le salaire de l’orchestre devient fonction de chaque personne présente à la soirée.  Comme le dirait le « Bredjen n » national: salaire par tête de bétail.

Aujourd’hui, vu les conditions difficiles, djaz pa nan bese triye. Il y a un fait que les gens vivant en Haïti ne réalisent pas encore. Tous les orchestres haïtiens d’aujourd’hui attachent plus d’importance au nombre de participants qu’á la qualité de la soirée. Ces musiciens adoptent un tel modus operandi –  mode de fonctionnement,  simplement dans l’esprit d’afficher des photos sur les réseaux sociaux en vue de montrer au public qu’ils avaient fait salle comble. Ils ne s’intéressent ni à la qualité sonore ni à la performance musicale, pourvu que des gens répondent à l’invitation du promoteur.

Des fois, ils affichent des photos truquées. Et, en complicité avec les promoteurs, ils inventent et affichent des chiffres sur lire la suite sur radiotelevisioncaraibes.com

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