Haïti – Économie: Le Plan d’Hugo Chavez pour l’Éradication de la Faim, renforcé

Le Venezuela et l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation (FAO) ont annoncé la création d’un nouveau programme de coopération visant à éradiquer la faim au niveau de plusieurs pays de la région, a rapporté l’agence en ligne Haitilibre. Ce programme baptisé « Souveraineté Alimentaire et Nutritionnelle pour l’Amérique Latine » (SANA) devra,  par son appui, renforcer le Plan d’Action pour l’Éradication de la Faim et de la Pauvreté « Hugo Chavez » et consolider les mouvements sociaux et l’échange solidaire d’aliments.

Avec un budget initial de $12 millions de dollars américains du gouvernement vénézuélien, le SANA inclut les 21 pays parties prenantes de l’accord Petrocaribe et de l’Alliance Bolivarienne pour les Amériques (ALBA).

« Le Venezuela met en place non seulement des initiatives de sécurité alimentaire ayant un impact significatif pour sa propre population, il représente également un partenaire clé de diverses initiatives de coopération Sud-Sud cherchant à réaliser le rêve d’une Amérique Latine et des Caraïbes libérées de la faim », a souligné Raúl Benítez, Représentant Régional de la FAO.

« Le Venezuela non seulement a atteint l’objectif de réduction de la faim parmi les Objectifs du Millénaire pour le Développement, il a également maintenu son niveau de sous-alimentation au-dessous de 5%, en augmentant ses interventions nationales et sa coopération internationale en vue d’éradiquer totalement la faim dans la région. Le Venezuela et la FAO croient profondément dans cet objectif et sont en train de travailler conjointement afin de l’atteindre à travers l’initiative SANA » a expliqué Marcelo Resende, Représentant de la FAO au Venezuela.

Il faut dire que le programme SANA a 3 composantes principales:

La première consiste en l’appui technique aux principales initiatives régionales de lutte contre la faim, tels que le Plan d’Action pour l’Éradication de la Faim et de la Pauvreté « Hugo Chavez » et le Plan de Sécurité alimentaire, Nutrition et Éradication de la faim de la CELAC.
Selon la FAO, plus de 30 millions de personnes se sont libérées de la faim en Amérique Latine et dans les Caraïbes au cours des 25 dernières années. L’organisation soutient que cette région est la seule à atteindre l’objectif de la faim des Objectifs du Millénaire pour le Développement. Cependant personne ne peut confirmer combien d’Haïtiens figurent parmi ces 30 millions de personnes libérées de la faim.

La deuxième composante du Programme SANA, se propose de consolider les mouvements sociaux en renforçant les compétences de personnes-leaders et d’organisations rurales afin qu’ils soient à même de participer dans la formulation et l’implémentation de politiques publiques en matière de sécurité alimentaire.

Enfin, la troisième composante de SANA vise à travailler avec les organisations d’agriculture familiale et rurale et les gouvernements en vue de la création d’espaces d’échanges et de commercialisation solidaire d’aliments.

Raúl Benítez a fait remarquer que ce programme pourra accélérer et approfondir les progrès en matière de lutte contre la faim et a expliqué que si on est parvenu à diminuer la faim dans la région « maintenant nous visons son éradication car, nous voulons une Amérique Latine et des Caraïbes plus prospères et plus justes ».

Haïti fait partie des bénéficiaires de ce programme SANA du Venezuela et de la FAO, mais on se demande est ce qu’on peut être optimiste quant aux retombées positives de ce programme qui vise plus de 20 pays et qui a d’ailleurs un portefeuille très maigre qui pourrait être absorbé par un seul département en Haïti. La pauvreté n’est pas un problème aussi simpliste, elle est transversale, donc un combat contre la pauvreté doit être avant tout un combat pour la création nette d’emplois, et ce dernier doit s’inscrit dans le cadre d’un vaste programme de développement national favorisant la création et le développement d’entreprise via des investissements étrangers et domestiques. C’est d’abord de la responsabilité des autorités politiques et élites économiques d’Haïti, sans vouloir en douter de la bonne intention du Venezuela et de la FAO.

En tout état de cause, les perspectives sociales pour Haïti sont sombres non seulement à cause des limitations croissantes du gouvernement vénézuélien dans son nouveau programme SANA mais aussi à cause des limitations propres du budget haïtien actuel.  Le Premier Ministre Evans Paul l’a confirmé dans une interview ce matin, le budget de la République de plus de 120 milliards de gourdes a du être réduit d’au moins de 11%, ce qui empêche de lancer ou de relancer de nouveaux ou anciens programmes sociaux ou de relancer un programme comme Gouvernement Lakay.  La réduction sensible de la pauvreté en Haïti n’est pas pour demain et ne surviendra que quand le niveau de gouvernance du pays s’améliorera considérablement.

Etzer S. Emile, M.B.A

Economiste

Radio Vision 2000

etzeremile@gmail.com

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