Une délégation de l’OEA en Haïti pour tenter de désamorcer la crise politique

Une délégation de haut niveau de l’Organisation des États américains (OEA) se rend mercredi en Haïti à la demande du ministre haïtien des Affaires étrangères avec pour principale mission de faciliter le dialogue entre le président de la République et ceux qui réclament sa démission, informe le Miami Herald.

Cette visite, conduite par l’ambassadeur des États-Unis auprès de l’OEA, Carlos Trujillo, président du Conseil permanent et du Comité général de l’organisation, intervient après que le ministre des Affaires étrangères, Bochitt Edmond, a envoyé le 14 juin une lettre à Trujillo demandant si l’OEA pouvait aider à faciliter le dialogue entre le président et ceux qui ne jurent que par son éviction.

« La visite est une mission d’enquête », a déclaré Edmond au Miami Herald. « Ils rencontreront toutes les parties prenantes concernées pour trouver le moyen de faciliter au mieux un dialogue entre Haïtiens. »

Le Miami Herald souligne que la demande de Bochitt survient après que le représentant d’Haïti à l’OEA a passé le mois dernier à repousser les demandes du Canada et des 15 membres de la Communauté des Caraïbes d’attirer l’attention du Conseil permanent sur l’aggravation de la crise. Dans le même temps, Haïti, qui avait sollicité l’aide des Nations Unies en mars dernier, n’a pas donné suite à l’exigence d’obtenir un médiateur onusien de haut niveau.

Un responsable de l’OEA de mercredi a confié au Miami Herald que l’objectif de la visite était de «baisser la température politique et d’établir les paramètres du dialogue», tout en donnant l’assurance d’une mission d’observation électorale de l’OEA aux prochaines élections.

Reconnaissant que le succès reste incertain, le responsable a déclaré qu’étant donné les manifestations et les tensions en cours, la participation de l’OEA était la meilleure solution. L’organisation, a noté le responsable, a une longue histoire en Haïti de création d’atmosphère de dialogue.

Selon le Miami Herald, il s’agit encore d’un défi de taille pour l’OEA qui a tenté sans succès de jouer un rôle de médiateur dans la crise politique de 2004 ayant finalement conduit à l’éviction du président Jean-Bertrand Aristide.

Le Canada, les États-Unis et d’autres pays ont insisté sur le fait que Jovenel Moïse devait prendre part à tous les entretiens malgré le refus de l’opposition politique, des militants anti-corruption et des chefs d’entreprise et religieux, indique la publication floridienne.

Le Miami Herald annonce la visite en Haïti de Julie Chung, sous-secrétaire adjointe du Bureau des affaires de l’hémisphère occidental du Département d’État, avec plusieurs réunions au programme, dont une avec le président de la chambre des députés.

Le sénateur Evalière Beauplan, porte-parole du « Secteur Démocratique et Populaire », a confié que l’opposition n’est intéressée par aucune formule impliquant notamment de coopérer avec le président « qui a perdu sa légitimité, sa capacité à convoquer qui que ce soit et porte des allégations de corruption. »

Gary Bodeau, président de la Chambre des députés, a confié qu’il ne soutiendrait pas l’idée d’un premier ministre issu de l’opposition. Il a accusé l’opposition radicale de promouvoir des tactiques violentes qui ont transformé les rues en zones interdites de jets de pierres et de barricades enflammées et ont empêché les enfants d’aller à l’école.

«Nous ne savons pas ce que l’OEA peut faire ou non. Nous espérons que quelqu’un pourra faciliter les choses, mais il doit s’agir d’une solution interhaïtienne », a déclaré Frantz Bernard Craan, président du forum économique du secteur privé. «Nous avons dit que Jovenel Moïse ne faisait pas partie de la solution. Pourquoi? Parce que pour nous, il a été incapable de réunir tout le monde autour de la table pour chercher une solution. »

Source Miami Herald

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