Du Congres de l’Arcahaie à un pacte économique

Tout a commencé en février 1803 quand le général en chef des indigènes Jean Jacques Dessalines tenait son Quartier général à la Petite-Rivière-de-l’Artibonite. Le geste suivant, il arrachait du tricolore français la couleur blanche et rapprocha le rouge du bleu: le bicolore (bleu et rouge) qui serait désormais le Drapeau des Indépendantistes était créé.(…). Quelques temps après, le général Dessalines réunit les principaux chefs des corps d’armée en un congrès qui eut lieu au Bourg de l’Arcahaie le 18 mai 1803. Tous les généraux ayant approuvé la décision du Général en Chef, ce dernier se rendit sur la Place d’Armes du bourg et présenta solennellement aux régiments formés en carré le nouvel emblème.

Ce moment extraordinaire de notre histoire a été célébré hier comme chaque année d’ailleurs par les autorités politiques du pays à l’Arcahaie. Une occasion particulière pour rendre hommage à nos pères pour leur engagement et leur capacité à se réunir en congres pour prendre des décisions communes. Nos pères de la patrie se sont entendus sur les destinés de cet Etat qui allait être crée moins d’un an après.

Le congrès de l’Arcahaie qui a accouché le drapeau est un symbole de consensus, de conférence nationale, d’entente nationale au plus haut niveau pour sceller l’avenir. Ce congrès a été une occasion de l’approbation totale des généraux des choix et de l’orientation politique du pays qui allait naitre.

213 ans après, nous ne sommes pas en mesure de réaliser un vrai congrès qui peut mettre tout le monde sur la table pour un consensus national sur les orientations qu’il faut donner à cette nation. Il est temps de rééditer 1803 pour un pacte économique pour répéter le président Privert dans son discours d’hier à l’occasion de la célébration de la fête du drapeau. Un pacte économique qui oriente nos choix en termes de production, qui oriente nos stratégies en termes de modèle économique, en termes de choix d’exportation, de secteurs d’activité prioritaire, en termes de mode de production énergétique, sur une politique de transport. Un pacte économique qui dira comment la politique de l’emploi ou la politique agricole peut être abordée sur les 25, 30 prochaines années.

Un pacte économique qui fera divorcer avec la pratique d’improvisation, de tâtonnement, de discontinuité au niveau des choix et stratégies économiques qui n’ont pas d’autres conséquences autre que la pauvreté et le sous-développement.

 Prenons l’engagement pour aboutir à un pacte économique, ainsi qu’un pacte politique pour orienter les prochaines années de ce pays, pour que 2050 ne soit pas pire que ce que nous vivons aujourd’hui.

 

Etzer S. Emile, M.B.A

Economiste

Radio Vision 2000

etzeremile@gmail.com

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