La Banque mondiale critique les pays riches pour leur faible réponse par rapport à Ebola

Photo @ guinee7.com

Dans un article de Washington Post publié hier lundi 1er septembre, le président de la Banque mondiale Jim Yong Kim fustige l’insuffisance de la réponse à Ebola qui est responsable de nombreux décès en Afrique de l’Ouest. Il a qualifié la réponse à cette maladie de catastrophiquement inadéquate ». « La crise qui se déroule sous nos yeux est moins liée au virus lui-même qu’à des préjugés mortels et mal informés qui ont conduit à une réponse catastrophiquement inadéquate à l’épidémie », affirme-t-il.

Il faut dire que plus de 1.500 personnes ont été tuées par la maladie en Afrique de l’Ouest depuis décembre 2013.

Plus de 3.000 personnes ont été contaminées, essentiellement en Sierra Leone, en Guinée et au Liberia. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime que le virus pourrait au final infecter 20.000 personnes de plus. Le virus ne se transmet que par contact avec les fluides corporels d’une personne contaminée, mais des mesures drastiques sont nécessaires à son confinement. « Un nombre inutilement élevé de personnes en meurent », ajoute Jim Yong Kim dans un texte co-écrit avec un professeur de l’Université de Harvard, Paul Farmer. (On se rappelle que Paul Farmer est impliqué en Haïti avec son organisation Partners In Health, connu en créole sous l’appellation de Zanmi Lasante, une fondation qui se consacre à l’amélioration de la santé dans les pays pauvres.

En effet, selon cette publication, la déliquescence des systèmes de santé publique dans ces pays africains a exacerbé la gravité de l’épidémie. Le Liberia, un des trois pays les plus touchés, ne comptait ainsi que 50 médecins pour une population de 4,3 millions d’habitants avant la flambée épidémique, et de nombreux employés du secteur de la santé ont succombé à la maladie. Les pénuries de biens de première nécessité et d’équipements médicaux se sont aggravées du fait de la décision prise par certaines compagnies aériennes de ne plus desservir les pays les plus touchés. Les fermetures de frontière ordonnées par des pays voisins de même que le rapatriement des expatriés de nombreuses organisations internationales ont également désorganisé le secteur de la santé.

Jim Yong Kim et Paul Farmer estiment que si les pays riches et les organisations internationales mettaient sur pied une réponse coordonnée avec les nations ouest-africaines basée sur les recommandations de l’OMS, le taux de mortalité du virus pourrait chuter considérablement.

L’OMS a dévoilé la semaine dernière un plan d’action qui nécessiterait près de 490 millions de dollars (370 millions euros) pour mettre fin à l’épidémie. Ce plan comprendrait l’implication de personnel de santé par milliers et d’environ 750 experts internationaux. « Nous sommes à un moment dangereux. Des dizaines de milliers de vie, l’avenir de la région et les avancées difficilement obtenues de l’économie et de la santé de millions d’autres sont en jeu », écrivent-ils.

Le Sénégal est devenu vendredi dernier le cinquième pays africain frappé par la maladie, avec la découverte d’un étudiant guinéen porteur du virus s’étant soustrait aux mesures de confinement dans son pays pour se rendre à Dakar.

Ce qu’il faut apprendre de cette publication, c’est que nous sommes responsables de notre propre sécurité par rapport à ce virus, et nous ne devons surtout pas compter sur les pays riches et les organisations internationales. Car, les pays riches qui en général financent les réponses et les activités des ONG confrontent à leurs propres difficultés, l’Europe et les Etats-Unis sont trop occupés à gérer les menaces de la Russie et la montée en puissance des djihadistes de ISIS, Etat Islamique en Irak et en Syrie.

Ebola dans les pays pauvres n ‘est pas une priorité pour les pays riches présentement, donc faisons tout ce qui est dans notre possible avec nos propres moyens pour protéger nos 10 millions d’habitants de la cette fièvre, une population déjà en situation de pauvreté et de misère pour la plupart et minée par des crises politiques interminables.

Etzer Emile, M.B.A

Economiste

Radio Vision 2000

etzeremile@gmail.com

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