Destination des investissements directs étrangers dans le monde: l’Asie en tête du classement

Le continent asiatique est le premier bénéficiaire des IDE (investissements directs étrangers) dans le monde, avec près de 30 % des entrées, c’est ce qui qui ressort du dernier rapport annuel sur l’investissement dans le monde de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (Cnuced), rendu public hier mardi 24 juin 2014.

La Cnuced prévoit que les flux globaux d’IDE atteindraient 1600 milliards de dollars en 2014, 1750 milliards en 2015 et 1850 milliards en 2016. A cette date, 52 % des IDE mondiaux proviendraient des économies développées contre moins de 40 % ces dernières années. « On s’achemine vers le retour des pays développés dans le paysage des IDE après un déclin drastique », observe Axèle Giroud, économiste à la Cnuced. Dans les 39 pays développés, les entrées d’IDE ont atteint 556 milliards de dollars (+9%) et les sorties sont restées quasi inchangées à 857 milliards. L’ensemble de ces flux est inférieur de moitié aux montants enregistrés en 2007, ce qui est assez logique compte tenu des effets de la grande récession de 2008.  La faiblesse des IDE s’explique aussi en partie, selon la Cnuced, par le fait que les fusions-acquisitions n’ont pas repris avant le premier trimestre 2014.

En 2013, les économies en développement se sont taillées la part du lion dans les investissements mondiaux. Elles représentent 54 % des IDE entrants et ont atteint le niveau de 778 milliards de dollars. Avec les économies en transition (CEI, Europe centrale et orientale), les pays en développement représentent désormais la moitié des 20 premiers bénéficiaires d’IDE dans le monde, la Chine continentale venant en deuxième position et Hong Kong en quatrième, la fédération de Russie en troisième. Six pays émergents, dont cinq asiatiques (Chine, Hong Kong, République de Corée, Singapour et Taïwan) figurent dans le TOP 20 des investisseurs. En un an, leur part relative est passée de 7 % à 39 % des sorties d’IDE. Ce positionnement important reflète, bien entendu, l’importance croissante de ces économies dans le monde.

La Chine, par exemple, a davantage investi à l’étranger en 2013, du fait de méga-fusions d’entreprises chinoises. Dix Etats membres de l’Association des nations d’Asie du Sud-Est (Asean) et six autres pays négocient actuellement un partenariat économique global. Selon la Cnuced, les flux d’IDE à destination de ces 16 pays s’élèvent à 342 milliards de dollars, soit près du quart des investissements mondiaux. 57 milliards de dollars ont par ailleurs été investis en Afrique en 2013, soit 4 % de plus qu’en 2012. Cette progression est modeste mais continue.

Cependant, le rapport constate que l’industrie extractive (on parle ici des mines) intéresse moins les investisseurs. Elle ne représentait plus que 11 % des annonces d’investissements en 2013 contre 53 % en 2004. Une part croissante des IDE en Afrique porte désormais sur le secteur manufacturier, en particulier les biens de consommation. En Afrique aussi, l’investissement intra-régional commence à se développer, l’Afrique du Sud, le Kenya et le Nigéria jouant un rôle majeur dans cet essor.

Ici en Haïti, nous sommes jusqu’à présent à l’état de projet et de promesse, sans faire vraiment de grands progrès en ce qui a trait à l’amélioration du climat des affaires, et l’attraction massive des investissements étrangers, car Haïti n’arrive même pas a capter 200 millions de dollars en termes d’IDE. Les facteurs d’attraction sont toujours très critiques. L’électricité n’est pas devenue plus accessible, le crédit au secteur prive n’est toujours pas son niveau acceptable minimal, l’insécurité juridique, les problèmes de cadastres, les processus d’enregistrement d’une société prennent énormément du temps malgré certains efforts du MCI, par rapport à la moyenne régionale, sans parler des faiblesses infrastructurelles (routes, ports et aéroports), et le pire dans tout cela, la stabilité politique apparente est menacée par la non-tenue des élections dans les dates prévues. Donc, les progrès d’Haïti en matière d’IDE resteront encore dans les discours, et pas dans la réalité du terrain, pour une croissance soutenue et pour la création d’emplois durable dans l’économie.

 

Etzer EMILE, M.B.A

Radio Vision 2000

etzeremile@gmail.com

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