Haïti-États-Unis : Échec d’un programme d’emprunts de l’Usaid à travers des institutions financières haïtiennes

Un programme de l’Agence américaine pour le développement international (Usaid), en coopération avec plusieurs institutions financières haïtiennes, en vue de stimuler l’économie du pays, a échoué, selon les résultats d’un récent audit relayés par le Miami Herald.

Le programme visait à offrir des prêts à des entreprises dans les secteurs de la construction, l’agriculture, l’artisanat, la gestion des déchets et le tourisme.

La majorité des prêts, qui devaient aller aux femmes, aux nouveaux préteurs, aux petites et moyennes entreprises, n’a pas atteint ces cibles, démontre l’audit, qui a été conduit en février dernier (2013).

En revanche, des entreprises – listées comme inéligibles, à cause de leurs activités touchant notamment au jeu, au tabac ou à l’alcool – ont, tout de même, obtenu des prêts.

Des emprunteurs, qui auraient pu obtenir des sommes plus importantes dans d’autres institutions financières, ont aussi bénéficié du programme.

Les prêts devaient aussi aller vers trois « corridors de développement », identifiés, par les États-Unis d’Amérique, dans le cadre de la stratégie de reconstruction d’Haïti, suite au séisme du 12 janvier 2010.

Mais, cela n’a pas été fait, selon l’article qui signale, de plus, que le programme est resté centralisé, car l’argent n’a pas quitté l’aire de la capitale, Port-au-Prince.

Cela est particulièrement remarquable dans le cas de Sogebank qui a concentré 90% de ses prêts dans la capitale.

Sogebank est l’une des institutions financières, impliquées dans le programme à côté de la société financière haïtienne de développement (Sofhides) et de Le Levier (une fédération de coopératives financières).

L’Usaid n’a pas non plus formé suffisamment les préteurs qui, dans certains cas, n’ont pas compris les objectifs du programme ni été en mesure de les articuler avec les pratiques de prêts, révèle Miami Herald.

Le journal souligne, en même temps, des paiements tardifs, allant jusqu’à 90 jours, dans le cas de Sofihdes.

Des recommandations ont été adressées à l’issue de l’audit, et l’agence américaine se dit disposée à les suivre.

En tout cas, fin février 2013, l’ambassade américaine a annoncé fièrement, dans une note, la signature d’un accord entre Overseas Private Investment Corporation (Opic) et une société de Maryland aux États-Unis, Developpement innovations group, pour l’octroi de prêts à « des familles économiquement faibles en Haïti ».

Dans ce projet, l’Opic a engagé 17 millions de dollars américains (US $ 1.00 = 44.00 gourdes ; 1 euro = 60.00 gourdes aujourd’hui).

On ne sait pas s’il existe des garanties que les failles du programme de l’Usaid ne se répéteront pas avec ces deux institutions.

En juillet 2012, le Miami Herald avait révélé des problèmes de gestion des fonds attribués par les États-Unis à des organismes humanitaires au profit d’Haïti.

Le manque de transparence de l’information est un élément notoire dans les défaillances du financement américain, indiquait le journal.

Cette situation favoriserait la corruption et le gaspillage, et formerait un processus fermé, réduisant la concurrence et empêchant l’évaluation des projets. (alterpresse.org)

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