USA/Élections: Sprint final aux Etats-Unis, 3 000 km en une journée pour Romney, 8 000 km pour Obama

A soixante heures du début des premiers dépouillements, Barack Obama et Mitt Romney continuaient de faire campagne à un rythme toujours plus effréné. Les deux candidats à la Maison Blanche ont multiplié les meetings, dimanche 4 novembre, parcourant pas moins de 8 000 kilomètres pour le démocrate et 3 000 pour le républicain. Les déplacements, tous dans les neuf Etats encore considérés comme indécis, sont l’occasion de reformuler une dernière fois le message et de mobiliser son électorat.

Mitt Romney, qui a visité 5 Etats, a été accueilli à chaque fois par des dizaines de milliers de partisans avec le slogan « Il ne reste que deux jours ». Le républicain leur répond alors, comme il l’a fait à Des Moines (Iowa) : « Deux jours! Deux jours et nous nous mettrons au travail« . « Pour la première fois en quatre ans, chaque entrepreneur, chaque petite entreprise, chaque créateur d’emplois saura que le président des Etats-Unis les aime », a-t-il notamment lancé, avant de conclure :« J’ai besoin de l’Iowa pour gagner la Maison Blanche ».

Il a également répété qu’il travaillerait la main dans la main avec l’opposition démocrate, qui devrait garder le contrôle du Sénat, tout en soulignant « qu’il ne perdra pas son temps à faire passer des lois qui divisent et n’aident pas la croissance économique ». Une façon de critiquer M. Obama, qui a bataillé pourfaire passer sa réforme de l’assurance-maladie avec un Congrès divisé.

OBAMA PRÊT AU COMPROMIS, PAS À LA CAPITULATION

Le président sortant avait également un emploi du temps chargé : 8 000 km et cinq Etats en 20 heures. Partant de Washington, il s’est rendu dans le  New Hampshire, en Floride, dans le Colorado, avant de finir dans le Wisconsin. Sansoublier un petit passage dans l’Ohio, où les deux campagnes ont toujours quelqu’un sur place. A tel point que l’avion de Mitt Romney a croisé celui du vice-président Joe Biden sur le tarmac de l’aéropot de Cleveland, dimanche.

A nouveau accompagné par l’ex-président Bill Clinton, cette fois dans le New Hampshire, M. Obama a de nouveau souligné que le travail accompli depuis quatre ans nécessitait une second mandat pour porter ses fruits. Comme son rival, il a également évoqué la paralysie législative à Washington, affirmant qu’il était prêt à faire des compromis, mais pas à abandonner des réformes symboliques, comme l’assurance-maladie ou l’aide financière aux étudiants. « Ce n’est pas un prix que je suis prêt à payer », a-t-il lancé, estimant qu’il s’agirait « d’une capitulation ».

Les derniers sondages nationaux montrent que le président sortant, distancé pendant le mois d’octobre, est repassé légèrement devant dans les intentions de vote, selon certains sondages. La dernière enquête ABC News/Washington Postplace Obama devant d’un point (49 % à 48 %), Reuters donne également Obama devant d’un point (48 % à 47 %), tout comme CNN (49 % à 48 %), et le Pew Center compte 3 points d’avance pour le président sortant (50 % à 47 %). L’institut YouGov donne quant à lui 2 points d’avance à Obama (48 % à 46 %).

LES DEUX CAMPAGNES SE CONCENTRENT SUR 22 % DE LA POPULATION

A deux jours du scrutin, les sondages dans chaque Etat-clé, plus importants pour déterminer le vainqueur, donnent Barack Obama légèrement devant. Ces neuf Etats, qui regroupent seulement 22 % de la population, rassemblent les 110 grands électeurs qui feront la différence pour un camp comme pour l’autre.

Dans l’Ohio, de loin l’Etat le plus disputé, le Columbus Dispatch, un des plus gros journaux locaux, donne Barack Obama devant avec 50 % des intentions de vote contre 48 % pour Mitt Romney, mais prévient « qu’une importante mobilisation de l’électorat républicain pourrait permettre à Mitt Romney de récupérer l’Etat le jour de l’élection ».

En Floride, un des rares Etats-clés où Romney est donné vainqueur, plusieurs récents sondages, avec des échantillons  différents, rapportent des informations largement contradictoires, avec une avance de deux points pour Obama (49 % à 47 %) pour l’institut Marist et, à l’inverse, un gros écart en faveur de Romney (51 % à 45 %) pour l’institut Mason Dixon.

Reste la Pennsylvanie, un Etat considéré comme solidement démocrate que les stratèges républicains tentent d’arracher à la dernière minutes. Il s’agit, selon la terminologie du camp Romney, « d’agrandir la carte » électorale pour parvenir aux 270 grands électeurs au cas où l’Ohio voisin lui ferait défaut. Mais les derniers sondages y confirment l’avance d’Obama.

Source: http://www.lemonde.fr/elections-americaines

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