Counoubois, quand l’aide d’urgence arrive malgré tout

Source Elena Sartorius | Le Nouvelliste

Acheminer l’aide d’urgence, en particulier dans les régions rurales, peut être une opération semée d’embûches. Un hélicoptère a mis trois jours pour trouver Counoubois, une communauté coupée de tout après le passage de Matthew. Le dialogue entre les différents acteurs a permis de débloquer la situation. Pour d’autres localités, la faim est au rendez-vous.

Ils avaient hissé un drapeau blanc et allumé un feu, comme suggéré par Joseph Thowinson, le capitaine de la marine nationale colombienne en charge de fournir l’aide. Levés tôt ce samedi, les habitants de Counoubois avaient nettoyé et aplani un espace près de la chapelle afin que l’hélicoptère puisse atterrir. Ils étaient à bout, dix jours après le passage de Matthew. Vivant dans des abris de fortune, sans eau potable, ils ont survécu en mangeant les fruits pas mûrs tombés de leurs arbres arrachés. Mais l’aide tant attendue n’est pas arrivée ce jour-là, ni le lendemain, ni le surlendemain.

Ils ont pensé que l’hélicoptère avait confondu leur localité avec les grottes de Counoubois, à Camp-Perrin, dans le Sud. En fait, faute de coordonnées précises, le pilote n’avait pas pu localiser leur communauté nichée dans les mornes de la Grand’Anse, au sud-ouest de Chambellan. Coupée du monde par le cyclone et  la rivière en crue qu’il aurait fallu traverser 13 fois, elle n’était pas non plus visible du ciel. Pas d’agglomération, pas d’indication sur une carte, pas de repère à part une antenne de Digicel. Seulement des habitations isolées, ou ce qu’il en reste, disséminées dans les pentes aujourd’hui dénudées.

Le président Privert lui-même a pris le téléphone lundi pour joindre la sœur Marie-Edwige et l’assurer de son soutien. Cette religieuse, qui administre l’école Notre-Dame du Rosaire, a vécu le même calvaire que les 166 familles de Counoubois. « La situation est dramatique », avait-elle fait savoir. Un SMS providentiel a mis fin au suspense et permis de localiser précisément Counoubois : 18°30’27‘’N. Le sésame s’est enfin ouvert.

Mardi matin, après un premier essai infructueux et la tentation de larguer les vivres par-dessus bord, l’hélicoptère s’est posé sous le regard des habitants aux abois. « C’était comme une délivrance », a déclaré Emile Jean Nelson, professeur de l’école et agriculteur. Les premières boîtes, contenant des aliments, du café, du cacao, ont fait leur apparition. Les livraisons se sont succédé tout au long de la journée: eau Culligan et tablettes d’Aquatab, dentifrice, savon, eau de cologne, sacs de riz, pois, bâches en plastique, matelas, etc. Inlassablement, l’hélicoptère a effectué des allers et retours entre Counoubois et Anse d’Ainault. Onze en tout. La distribution s’est faite selon une liste préparée soigneusement par la communauté. « Les Colombiens qui assuraient l’aide sont restés toute la journée sous le soleil, raconte la sœur Marie-Edwige, ils ont aussi dansé et chanté pour la population ».

Jusqu’au départ de la patrouille, vers 16 heures, aucun problème. La fin a été plus chaotique. « Les habitants des localités environnantes ont accouru, explique la religieuse, nous leur avons donné ce qui était disponible: kits de toilette, chocolat, café. Il y avait une foule énorme, nous n’arrivions pas à faire partir……lire la suite sur lenouvelliste.com

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *