Politique

Crise politique : Incertitudes, méfiances et ingérence américaine en Haïti à l’approche du 7 février 2026

– À la veille du 7 février 2026, date hautement symbolique dans l’histoire politique en Haïti, marquant la chute de la dictature des Duvalier en 1986, l’incertitude demeure sur la forme que prendra la transition politique, observe l’agence en ligne AlterPresse.

Une proposition controversée du Cpt sortant

Le dialogue dit inter-haïtien, tenu du dimanche 1er au mardi 3 février 2026 à l’initiative d’une partie du Conseil présidentiel de transition (Cpt) sortant, a débouché sur une proposition de mise en place d’un exécutif bicéphale.

Ce dernier devrait être composé d’un Collège présidentiel de trois membres dont un issu du Cpt sortant, un de la Cour de Cassation, et un de la société civile ainsi que d’un premier ministre chargé de conduire la nouvelle transition.

Selon les initiatrices et initiateurs, cette structure aurait pour mission d’assurer la continuité de l’État, de garantir la sécurité sur tout le territoire national et de créer un environnement propice à la tenue d’élections crédibles.

Un appel à candidatures a même été lancé pour désigner la présidente ou le président, la nouvelle première ministre ou le nouveau premier ministre.

À travers le maintien d’un représentant à la nouvelle tructure de Collège présidentiel, le Cpt cherche-t-il à prolonger son influence, malgré un mandat largement décrié  du 25 avril 2024 au 7 février 2026 ?, se demandent plusieurs voix.

Ladite proposition de nouveau Collège présidentiel à 3 membres est vivement critiquée par plusieurs partis et regroupements politiques, qui expriment leur méfiance face à ce projet.

Dans une note en date du 3 février 2026, le parti politique Engagés pour le développement (Ede), qui était représenté au sein du Cpt sortant, s’oppose catégoriquement à toutes initiatives, visant à maintenir ce Conseil, qu’il juge illégitime et impopulaire.

Selon le parti politique Ede, le Cpt a « gravement compromis une transition politique, initialement conçue pour apaiser la souffrance de la population, mais détournée pour servir la cupidité et des ambitions personnelles démesurées ».

Le parti politique Ede plaide pour un exécutif bicéphale, composé d’un président et d’un premier ministre. Il met en garde contre toutes tentatives de récompenser l’échec et la mauvaise gestion politique.

Pour sa part, le regroupement de partis et organisations politiques, dénommé Consensus politique pour le redressement national et la réorientation de la transition, rejette également toutes démarches unilatérales.

Ce regroupement politique appelle à une vigilance accrue contre les initiatives guidées par des intérêts partisans. Il nsiste sur la nécessité d’un cadre concerté, pour éviter de fragiliser la dynamique de dialogue.

Pressions et ingérence internationale

La crise prend une dimension internationale.

Le gouvernement des États-Unis d’Amérique affiche une volonté claire de maintenir le premier ministre Alix Didier Fils-Aimé au pouvoir, au-delà du samedi 7 février 2026, malgré l’opposition de 5 membres du Cpt, de plusieurs structures politiques et de la société civile.

Le 3 février 2026, le déploiement de 3 navires de guerre américains dans la rade de Port-au-Prince et l’atterissage, le lendemain mercredi 4 février 2026, d’un avion militaire américain sur le tarmac de l’Aéroport international de Port-au-Prince, accentuent les tensions.

L’administration politique à Washington justifie cette opération militaire par la nécessité de lutter contre les réseaux criminels transnationaux et les trafics maritimes illicites.

Le mandat du Cpt prend fin le 7 février 2026, tient à rappeler l’ambassade américaine en Haïti dans un message sur X le mercredi 4 fécrier 2026, dans lequel le gouvernement étasunien réaffirme « son soutien au leadership du premier ministre Fils-Aimé pour construire une Haïti forte, prospère et libre ».

L’ingérence des États-Unis dans les affaires politiques internes d’Haïti est dénoncée par plusieurs actrices et acteurs haïtien.ne.s comme une atteinte à la souveraineté nationale.

Appels à une solution haïtienne

Face à cette situation tendue, l’Organisation des États américains (Oea) a publié, le mercredi 4 février 2026, une déclaration appelant à une solution « dirigée et assumée par les Haïtiennes et Haïtiens ».

Cette déclaration fait suite à une réunion consultative tenue le 2 février 2026, réunissant des ministres de la Communauté des Caraïbes (Caricom), le Groupe des personnalités éminentes (Epg), le Bureau intégré des Nations unies en Haïti (Binuh), ainsi que les délégués des gouvernements du Canada et des États-Unis.

Les signataires de la déclaration de l’Oea du mercredi 4 février 2026 exhortent les parties prenantes à agir dans l’intérêt de la paix, de la stabilité et du bien-être du peuple haïtien.

 

 

 

 

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