Suspension des activités du centre d’urgence de Msf à Turgeau, après l’exécution par balles d’un patient extrait de force dans l’une de ses ambulances

– L’organisation Médecins sans frontières (Msf) annonce la suspension, pour une durée indéterminée, de ses activités au Centre d’urgence de Turgeau, situé au centre-ville de Port-au-Prince, après une attaque perpétrée dans l’après-midi du mardi 12 décembre 2023, par un groupe d’individus armés, contre l’une de ses ambulances, dans un communiqué transmis à l’agence en ligne AlterPresse.

Après avoir forcé l’ambulance de ladite organisation à s’arrêter, ces individus armés ont sorti de force un patient gravement blessé, qui a été admis au centre, puis l’ont exécuté de plusieurs balles avant de s’enfuir, lors du transfert de ce patient dans un hôpital offrant des soins spécialisés.

« Autour de 17:30 (22:30 gmt), un convoi de deux ambulances quitte la structure (de Turgeau) pour une référence conjointe. A quelques mètres à peine du Centre d’urgence Msf, une dizaine d’individus armés surgissent d’une ruelle et font barrage au convoi, tapant sur le capot du véhicule de tête et tirant des coups de feu en l’air, avant d’aller inspecter l’intérieur de l’habitacle », relate l’organisation médicale.

« Ils ordonnent ensuite à la seconde ambulance de faire marche arrière pendant qu’ils extraient le patient de la première, le rouent de coups et l’exécutent de plusieurs balles à bout portant avant de prendre la fuite », ajoute-t-elle.

Msf avait décidé de suspendre temporairement ses activités à l’hôpital de Tabarre (municipalité au nord-est de Port-au-Prince), après une violente intrusion une vingtaine d’hommes armés dans la nuit du 6 au 7 juillet 2023.

Les activités ont repris partiellement, le mardi 18 juillet 2023, à l’hôpital, 12 jours après cette intrusion violente.

« Pour pouvoir remplir notre mission, nos équipes ont besoin d’un minimum de sécurité. Nous ne pouvons pas fonctionner si l’intégrité de nos institutions médicales est menacée d’intrusion ou de tout type d’exaction », rappelle le chef de mission pour Msf, Benoît Vasseur.

Tout en exigeant de nouveau le respect et la protection de son personnel et des institutions médicales, l’organisation Msf juge inacceptable que ses ambulances soient violemment attaquées et des patients abattus en pleine rue.

L’organisation Médecins sans frontières affirme, malgré tout, continuer d’offrir des soins médicaux, gratuits et de qualité dans ses autres structures dans la zone métropolitaine de la capitale, Port-au-Prince, à l’hôpital de Cité Soleil, à l’hôpital de traumatologie et des grands brûlés à Tabarre 36 et à la clinique Pran Men m de Delmas 33 qui prend en charge les survivantes de violences sexuelles.

« Nos cliniques mobiles vont également poursuivre leurs interventions régulières dans divers secteurs de la capitale et sur les camps de personnes déplacées. Dans la péninsule du Sud, notre maternité de Port à Piment maintient, quant à elle, son accueil des femmes enceintes, où elles sont de plus en plus nombreuses à venir accoucher ».

 

 

 

Source: APR

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *