-3,3% de croissance économique 2020 pour Haïti, une année perdue et gaspillée, malgré les opportunités

Haïti n’a pas su profiter des opportunités qui lui étaient offertes en 2020 par la crise sanitaire du coronavirus, après notre analyse de la dernière publication de l’Institut Haïtien de Statistiques et d’Informatique (IHSI) des comptes nationaux, révélant que la croissance de l’économie haïtienne a été de -3,3 l’année dernière, soit la pire croissance jamais enregistrée depuis la période post-séisme.

En effet, après environ 5 mois de retard, l’IHSI a finalement publié les données sur le comportement de l’économie en 2020, et l’on retient que la croissance de l’économie haïtienne pour cette année était moins mauvaise par rapport à celles des autres pays de la Caraïbes qui sont grandement affectés par la crise sanitaire de Covid-19.

A part de quelques rares secteurs comme la communication, les assurances et le secteur bancaire qui ont enregistré une légère croissance en 2020, hormis les assurances (4,8%), tous les autres secteurs et branches d’activités de l’économie ont chuté.

Le secteur agricole a connu une croissance de -2,5% ; le secteur de l’énergie -25,2% avec une chute de la production d’électricité à 633 millions Kwh en 2020 contre 896 millions en 2019 ; le secteur de l’eau et l’assainissement a chuté de 3,4% ; le secteur de la construction -15% et la branche commerce, transport et restauration (-4,7%).

Donc 2020, une année perdue malgré les opportunités que nous avions pour repenser le cadre de la politique économique de ce pays, en mettant en évidence la faible progression des cas de contamination, la résistance des Haïtiens face au Covid-19 et la demande des pays de la région pour certains biens et services.

Pour 2021, les perspectives s’annoncent déjà très sombres par rapport aux différents chocs à la fois internes (troubles socio-politiques, insécurité, crise de référendum, etc) et externes (progression des produits base notamment le pétrole, baisse de la demande pour les produits textiles aux Etats-Unis, mauvaises conditions climatiques, etc) qui nous attendent, si rien n’est fait pour renverser la tendance.

 

Riphard Serent

Economiste

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