Vers finalement une politique de protection des consommateurs en Haïti : Quid de son application ?

Écrit par Riphard Serent, MPA / Economiste / riphardserent@gmail.com | Radio Vision 2000

Depuis des années, des membres de la presse, des acteurs de la société civile et même des autorités monétaires plaident en faveur d’une loi sur la protection des consommateurs en Haïti, suite à un ensemble de plaintes, de dénonciations, d’abus que subissent ces consommateurs et ce manque de concurrence sur le marché qui ne reste pas sans des conséquences sur ce  niveau d’inflation enregistré dans l’économie, selon certains analystes économiques de la place.

Consciente de l’absence d’une politique de protection des consommateurs en Haïti, le Sénateur de l’Ouest Antonio Cheramy a déposé au parlement une proposition de loi portant protection du consommateur en Haïti, un projet de loi bien accueilli par ses pairs et des acteurs au niveau de différents secteurs de la vie nationale.

Maintenant la grande question : ce projet de loi, une fois voté au Parlement pour devenir une loi, une politique publique ; cette politique pourra t-elle vraiment entrer en application, lorsque nous connaissons tous, les faiblesses en Haïti en matière d’autorités de l’Etat et des faiblesses au niveau de la justice pour faire appliquer des lois.

Parlant d’autorités de l’Etat, il faut rappeler que récemment le Ministère du Commerce et de l’Industrie (MCI) a publié une note pour demander à toutes les entreprises en Haïti d’afficher leurs prix en gourdes et d’utiliser le taux de référence de la BRH. Des semaines après, le constat est clair : jusqu’à présent cette mesure n’est presque pas appliquée et presque toutes les entreprises continuent à utiliser leurs taux de change comme bons leur semble.

Aujourd’hui, le fait qu’il n’y a pas une loi qui définit les droits et qui protège les consommateurs haïtiens, ces derniers sont exposés à toute sorte d’abus et ils sont victimes quotidiennement de surfacturation, de mauvaise qualité de produit ou de service. De plus, dans plusieurs entreprises en Haïti, la possibilité ou le droit de retour n’existe pas, les prix sont affichés en dollar américain et on pratique un taux de change qui est supérieur à celui du marché formel.

On espère que ce projet de loi portant protection du consommateur en Haïti qui est actuellement au Sénat de la République penche sur des questions qui vont au-delà du droit à la réparation des dommages causés aux consommateurs, du droit au retour et du renforcement du contrôle de qualité  et qu’il préconise la mise en place d’une institution publique autonome, pleine d’autorité, avec toutes les infrastructures nécessaires ( légales, juridiques, physiques), comme c’est le cas de ProConsumidor en République Dominicaine et que ce projet de loi aborde également la question de la concurrence et l’antitrust, deux éléments fondamentaux qui pourront aider les autorités monétaires à mieux articuler leurs politiques monétaires dans le cadre de leur mission fondamentale qui est celle d’assurer une inflation faible et stable dans l’économie.

 

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