Haïti-Politique: Le Canada n’abandonne pas Haïti, selon John Baird

Le ministre des Affaires étrangères, John Baird, a profité de son passage à Port-au-Prince pour rappeler au chef du gouvernement haïtien que le Canada s’attend à ce que les dizaines de millions de dollars qu’il verse annuellement en aide donnent des résultats concrets et que les autorités au pouvoir luttent plus énergiquement contre la corruption.

 Le Canada continuera à soutenir des projets d’aide au développement en Haïti malgré les signes d’impatience manifestés au début de l’année par le ministre responsable de l’ACDI, Julian Fantino.

De passage à Port-au-Prince, lundi, le ministre des Affaires étrangères, John Baird, s’est dit satisfait des progrès accomplis sur le terrain depuis un an. Il s’est aussi félicité de voir que le Canada a un partenaire «stable» avec le gouvernement que dirige le premier ministre Laurent Salvador Lamothe.

M. Baird a tout de même profité de son passage pour rappeler au chef du gouvernement haïtien que le Canada s’attend à ce que les dizaines de millions de dollars qu’il verse annuellement en aide donnent des résultats concrets et que les autorités au pouvoir luttent plus énergiquement contre la corruption.

«Je pense qu’il y a certains de nos projets qui sont de grands succès», a affirmé M. Baird dans une entrevue accordée à La Presse en faisant allusion à la construction d’un nouveau poste de police et à l’aide qui a permis de loger des milliers de personnes dans un parc près du palais présidentiel.

«Mais notre but est d’avoir plus d’imputabilité et de résultats. Maintenant, nous avons un nouveau gouvernement élu il y a deux ans. Il y a un gouvernement stable avec le premier ministre Laurent Lamothe. […] Cela va dans la bonne direction. Nous avons un bon partenaire ici. Il veut aussi que chaque dollar qui est dépensé ici donne de bons résultats», a ajouté le ministre.

Lutte contre la corruption

En entrevue, le chef de la diplomatie canadienne a pris soin de noter les progrès réalisés dans la lutte contre la corruption. Même s’il demeure un pays où ce fléau est omniprésent, Haïti a tout de même progressé de 10 places dans l’indice de corruption, passant du 175e rang en 2011 au 165e rang en 2012, selon le dernier rapport de Transparency International.

M. Baird a aussi souligné que l’ancien président américain Bill Clinton, qui multiplie les efforts pour améliorer le sort des Haïtiens, lui avait personnellement vanté les qualités du premier ministre Lamothe durant une réunion à New York l’automne dernier.

M. Baird a d’ailleurs indiqué à son hôte que le Canada est prêt à aider le gouvernement d’Haïti à mieux coordonner l’action des organisations non gouvernementales, des donateurs et des partenaires qui sont actuellement à l’oeuvre dans le pays.

Le ton de M. Baird tranche nettement avec les propos tenus par le ministre Julian Fantino. Dans une entrevue accordée à La Presse, au début de l’année, M. Fantino s’était dit déçu par le manque de progrès et avait ajouté qu’il désirait trouver une meilleure façon d’aider à la reconstruction du pays. Il avait laissé entendre que l’aide au pays le plus pauvre de l’Occident serait révisée, ce qui avait provoqué une grande inquiétude chez les autorités haïtiennes, les fonctionnaires américains et les Nations unies.

Des fonctionnaires de l’Agence canadienne de développement international (ACDI) avaient ensuite rectifié le tir en soulignant qu’on menait un examen approfondi de la contribution de 1 milliard de dollars que le Canada accorde à ce pays des Antilles.

La venue de John Baird est d’ailleurs la première visite par un ministre du gouvernement Harper depuis les propos controversés de M. Fantino.

Une évaluation nécessaire

M. Baird a soutenu qu’il est normal d’évaluer l’efficacité de l’aide internationale canadienne.

«Après quelques années, nous devons évaluer les investissements que nous avons faits pour voir si nous avons eu de bons résultats. Cela a été le cas en Afghanistan. C’est le cas en Haïti, c’est la même chose partout. Nous voulons travailler avec eux ici, avec notre partenaire, et être sûrs que nos priorités sont alignées.» (lapresse.ca)

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