3eme circonscription de Port au Prince, théâtre d’une guerre tribale déclenchée

Sur tous les réseaux sociaux, des images monstrueuses montrent des hommes exhibant de la chair fraîche découpée. Des images qui font peur et qui mèneraient quelques années en arrière au cœur du génocide Rwandais. Mais on n’en est pas là. Les riverains nous ont clairement expliqués la situation, il s’agit d’une guerre avec de gros intérêts. Une lutte acharnée pour le contrôle des stations de transport au niveau de portail Léogâne et de la Grand rue.

 

A la question posée à un jeune travailleur de la station de la Grand Rue pour comprendre cette violence, le garçon autour de la quinzaine me répond :  » Oh patron ! tu ne sais pas ce que tu dis. Si tu as un problème d’argent et que je contrôle cette zone, je peux vous donner 300 000 gourdes (2800 dollars US) en un clin d’œil. L’argent circule à flot dans ce quartier ». Et l’on comprend pourquoi, chaque chef de gang veut le contrôle et la meilleure façon de l’avoir est de se renforcer par les armes.

 

Depuis quelque temps, des hommes armés occupent la troisième avenue incendiant des maisons, tuant des jeunes filles et des jeunes garçons qu’ils accusent de soutenir le gang de  « Base Pilate ». La guerre fait rage et tous les coups semblent être permis. Il n’y a aucune loi protégeant les « Soldats » comme ils se font appelés. Aux yeux de tous les citoyens, c’est une scène horrible qui se joue au quotidien. Des morceaux de bras, de pieds, de jambes sont exhibés pour montrer leur victoire. Nous ne sommes pas dans les tribus de la République Démocratique du Congo, la RDC mais en plein cœur de Port au Prince.

 

Des organisations caritatives travaillaient au bicentenaire pour accompagner les enfants démunis et dont les parents ne pouvaient pas en prendre soin. Mais, ces programmes ne semblent pas donner les résultats escomptés car se sont ces enfants qui deviennent des soldats à la solde des chefs de gangs et qui n’ont pas peur de tuer pour une poignée de dollars. On voyait venir le mal, mais rien n’a été fait pour le contenir. Les citoyens de la 3eme circonscription ont tout carrément déserté la zone où ils ont passé toute leur jeunesse nous confie ce Monsieur dans la soixantaine. »Nous croyions que l’Etat allait enfin remettre de l’ordre avec des projets intéressants pour soutenir les plus faibles, malheureusement, ils ont fait le contraire. Ils se sont servis de ces jeunes pour des intérêts politiques et mesquins », regrette t-il.

 

Les gangs de Grand Ravine ne chôment pas. ils développent leur stratégie pour contrecarrer une éventuelle intervention de la Police nationale à « Village de Dieu ». La PNH occupera la zone du bicentenaire, mais ils auront toujours, eux, le contrôle de Martissant, moyen de pression pour forcer les autorités à négocier et continuer avec les actes de Kidnapping. Désormais, la route des dalles sera utilisée pour livrer les personnes enlevées et ce ne sera plus nécessaire d’emprunter le Boulevard Harry Truman. Ils ont neutralisé leurs ennemis jurés de Base Pilate, aussi alliés de la Police prenant ainsi du terrain. Si les autorités policières veulent atteindre Grand ravine, elles devront déployer les grands moyens pour stopper ces gangs qui sèment la panique et le désordre.

 

Pour le moment, la pression est très forte dans cette zone où des morts se comptent au quotidien. Une attaque jeudi au portail Leogâne a fait au moins deux morts et des blessés. Le ministère de la justice et de la sécurité publique a pris acte de l’expiration le lundi 27 avril du délai de 72 heures accordé aux riverains de Village de Dieu pour quitter les lieux. Malgré la mise en garde des organisations de droits humains, une opération de la PNH semble être imminente car le sang coule à flot et les actes d’assassinat frôlent la barbarie. Bref, c’est une vraie guerre tribale à la capitale haïtienne.

 

Source: HPN

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