Mourir pour quelques gouttes d’essence dans une station-service

Il faut être prêt à jouer des coudes, à encaisser des coups de poing pour acheter de l’essence dans les rares stations-service. Mais depuis ce jeudi, la mort s’est invitée à la gamme de tracas des consommateurs dont les activités sont plombées par la pénurie. Au moins deux hommes ont été touchés mortellement lors d’une altercation avec un individu présenté comme un policier de l’UDMO, à la station-service de kafou Tifou, angle Chemin des Dalles et Bois-Verna, à Port-au-Prince. La station a failli être incendiée par des gens en colère.

À la station d’essence, comme sur un champ de bataille, une réalité quotidienne qui donne des envies de fermer boutique prend corps. « La situation est intenable. Des responsables de stations-service, face aux risques de plus en plus élevés contre leur personnel et contre leurs installations, envisagent de ne plus commander. Tout simplement », a confié au Nouvelliste une source proche de l’ANADIPP, vendredi 9 septembre 2022.

En parallèle, il n’y a pas de changement en vue. Le volume de produits pétroliers disponibles au terminal de Varreux diminuait. Au 8 septembre, il y avait 50 890 barils de diesel, 21 391 barils de kérosène et 22 058 barils de gazoline.

Mais ce 9 septembre, il y a à quai, à Varreux, un bateau arrivé le 8 septembre avec 90 000 barils de gazoline. Ce même 9 septembre, un autre navire est attendu avec une cargaison de 60 000 barils de diesel. Le 11 septembre, un autre bateau doit accoster avec 50 000 barils de diesel. Ces commandes sont celles de trois compagnies, a signalé notre source.

Les fonds en dollars injectés par la BRH ne couvrent pas les besoins des compagnies pétrolières. En temps normal, par mois, il faut deux commandes autour de 120 millions de dollars. Pour apaiser la situation, il faudrait commander beaucoup plus, a confié à Le Nouvelliste une source proche du secteur pétrolier. Ce vendredi, une source proche du ministère des Finances a confié que les techniciens travaillaient sur des « simulations » de hausse des prix des produits pétroliers à la pompe. En début de semaine, un communiqué de la Primature qui faisait état d’une rencontre avec des représentants d’organisations de base et des associations de moto-taxi, a indiqué « que la nécessité de l’ajustement » du prix du carburant a été discutée.

« Conscient de la gravité de la situation, le chef du gouvernement a promis, dans un très bref délai, l’adoption de toute une série de mesures visant à rendre disponible le carburant dans les stations-service, à mettre en œuvre un programme d’apaisement social au bénéfice des populations les plus vulnérables et les plus démunies, à lutter contre l’extrême pauvreté et à favoriser une rentrée des classes dans les meilleures conditions possibles », pouvait-on lire dans ce communiqué rendu public à l’issue d’une rencontre du PM Henry, accompagné de son ministre de l’Intérieur, Litz Quitel, avec « des représentants de différentes associations syndicales des chauffeurs de moto-taxi, ainsi que des membres d’organisations communautaires de base de la région métropolitaine ».

 

 

 

 

Source: le Nouveliste

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