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Sécurité et élections, deux conditions clés pour redresser Haïti, selon l’ambassadeur américain Henry Wooster

Remettre Haïti sur la bonne voie en 2026 passe par le rétablissement de la sécurité et l’organisation d’élections libres et équitables, estime Henry Wooster, chargé d’affaires à l’ambassade des États-Unis à Port-au-Prince, dans une tribune publiée le 23 décembre et consultée par l’agence en ligne AlterPresse.

Selon lui, l’année 2026 représente une opportunité « d’avancer vers une Haïti sûre et prospère, telle que les Haïtiens la méritent, sous la direction d’un gouvernement librement choisi par le peuple lui-même ».

L’ambassadeur Wooster réaffirme l’engagement des États-Unis aux côtés d’Haïti dans le processus de rétablissement de l’ordre constitutionnel et d’organisation d’élections crédibles.

Washington continue d’exhorter le gouvernement haïtien à agir rapidement pour permettre aux citoyens d’élire leurs dirigeants en 2026.

Le Conseil électoral provisoire (Cep) a transmis, le 14 novembre, au Conseil présidentiel de transition (Cpt) un calendrier prévisionnel fixant le premier tour de l’élection présidentielle au 30 août 2026, et le second tour au 6 décembre.

Le mandat confié au Cpt pour conduire le pays vers les élections arrive à échéance le 7 février 2026, date à laquelle le pouvoir devrait être transféré à un président élu.

À l’approche de cette échéance, plusieurs secteurs politiques ont proposé des pistes de sortie de crise, dans un contexte marqué par l’emprise croissante des gangs dans les départements de l’Artibonite, du Plateau Central et de l’Ouest.

Certains appellent à la convocation d’une conférence nationale impliquant l’État et la société civile pour identifier des solutions durables, tandis que d’autres exigent le départ de l’équipe de transition.

2025 : une année de défis sécuritaires et de résilience

Henry Wooster souligne que l’année 2025 a été marquée par l’insécurité, les déplacements forcés et l’instabilité politique, tout en saluant la résilience remarquable du peuple haïtien.

Il rend hommage au « courage et à la détermination de la Police nationale d’Haïti (Pnh) qui, malgré des conditions particulièrement difficiles, continue de faire face aux gangs armés et de protéger les communautés ».

L’ambassadeur considère le vote du Conseil de sécurité des Nations unies autorisant le déploiement de la Force de répression des gangs (Frg) comme une avancée majeure dans la lutte contre les gangs armés.

Il salue également la mobilisation internationale sans précédent en faveur d’Haïti, visant à l’aider à reprendre le contrôle de son avenir.

La Frg comptera 5 500 membres en 2026 et disposera de capacités renforcées pour appuyer la Pnh dans ses efforts de sécurisation du territoire, rappelle Wooster.

Plusieurs pays ont déjà promis un soutien matériel, financier et technique à la suite de la demande du gouvernement de transition.

Lors de la Conférence pour Haïti, tenue le 9 décembre à New York, 18 pays ont confirmé leur engagement en annonçant l’envoi de personnel, de matériel, ainsi qu’un appui financier et technique à la Frg.

Wooster affirme que l’administration du président américain Donald Trump poursuivra ses efforts pour demander des comptes aux individus impliqués dans la déstabilisation d’Haïti, y compris ceux qui cherchent à se maintenir au pouvoir à des fins personnelles.

Il rappelle qu’en 2025, les États-Unis ont sanctionné, détenu et arrêté plusieurs individus, en Haïti comme aux États-Unis, pour leur implication dans le financement, l’armement ou le soutien aux gangs.

Il souligne aussi les avancées institutionnelles réalisées en 2025, notamment l’adoption du décret électoral, qu’il considère comme une étape essentielle vers le lancement du processus électoral.

Ce texte a été adopté à l’unanimité le 1er décembre en Conseil des ministres, présidé par Laurent Saint-Cyr, président du Cpt.

 

 

 

Source: APR

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